Depuis quelques années, les acteurs de la tech africaine font entendre leurs voix. Et la République Démocratique du Congo ne compte pas manquer le coche. Portée par une nouvelle dynamique nationale, elle a participé pour première fois au salon Viva Technology.

Preuve de la vitalité du secteur technologique africain, le salon dédié à l’innovation VivaTech, qui s’est tenu à Paris du 16 au 18 mai, a fait pour la deuxième année consécutive la part belle à l’Africa Tech. Pas moins de 160 jeunes sociétés africaines étaient invitées.

La République Démocratique du Congo n’a pas manqué le rendez-vous. En partenariat avec la présidence et soutenue par la banque Rawbank et l’opérateur Vodacom, la délégation “Viva RDC” a fait la promotion pendant trois jours du savoir-faire congolais en matière de technologie numérique. Une première dont l’objectif était d’exposer l'écosystème tech afin d’attirer les bailleurs de fonds mais également de mettre en lumière la nouvelle dynamique de transparence du pays, souligne Thomas Strouvens, coordinateur de la délégation et co-fondateur de la Kinshasa Digital Week, le plus grand salon tech du pays.

Un plan stratégique national sur cinq ans

L'arrivée au pouvoir en décembre dernier de Félix Tshisekedi devrait en effet marquer un tournant dans le développement des nouvelles technologies. Pour la première fois en RDC, le chef de l’État a nommé un conseiller spécial en charge du numérique, Dominique Mugisha. “Le Congo va faire du numérique un levier pour le développement économique à travers la bonne gouvernance. L’essor du numérique permettra de lutter contre la corruption et les mauvaises pratiques”, assure ce dernier.

Le Congo s’est réveillé en matière de numérique. Il va opérer sa transition grâce à un plan stratégique national qui va s’étaler sur cinq ans”, explique-t-il. Au programme : développement de la fibre optique, des infrastructures, modernisation de l’administration publique sans oublier la création d’un registre national.

"Des solutions imaginées par des Congolais pour des Congolais”

L'essor des technologies numériques devra également être mis au service des Congolais, insiste M. Mugisha. La présidence a notamment apporté son soutien à School App, une application récompensée à l’international qui a pour objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement en donnant accès à des leçons numériques, et qui a été présentée à VivaTech. “Il s’agit d’un vrai partenariat”, se réjouit le fondateur Pascal Kanik.


Outre School App, "Viva RDC” a mis en avant des incubateurs, des écoles de codeurs et d’autres startups confirmées, comme la Fintech CFC (Compagnie Financière du Congo), mais aussi des jeunes pousses, comme Hoja, pour s’assurer de la fiabilité des taxis, ou encore des initiatives dans le domaine de la solidarité. L'application Solidarité offre par exemple la possibilité à n’importe qui dans le monde de financer les soins des Congolais. “Des solutions imaginées par des Congolais peuvent résoudre les problèmes des Congolais”, se félicite M. Mugisha.

Rendez-vous l’an prochain

Ça bouge d'un coup, dans tous les sens. Mais c’est bien, cela va permettre aux jeunes Congolais de pouvoir avoir de vraies alternatives et à la RDC de voir émerger des vraies solutions d’impact”, s’enthousiasme également Michael Liselele, project manager d’Ingenious City, première plateforme d’incubateurs de startups du pays. “Que ce soit à Kinshasa ou à Lubumbashi, il y a un vrai mouvement en ce moment en RDC”, abonde Candy Munjinga Willems, fondatrice d’Akili, une plateforme média dédiée à l’entrepreneuriat, et membre de l’incubateur Cinolu, à Lubumbashi.


Cette mutation technologique ne fait que commencer, promet Thomas Strouvens, qui compte bien faire de la RDC un élément moteur de la tech africaine. Un partenariat a notamment été conclu avec le groupe Publicis pour faire de la 3e édition de la Kinshasa Digital Week, en 2020, un sommet régional incontournable en invitant notamment le Bénin, le Gabon, Congo-Brazzaville. "Nous avons l'ambition de revenir l’an prochain”, assure de son côté Dominique Mugisha. Peut-être même avec le président Félix Tshisekedi, ajoute-t-il.